e-Law Admin/ Dezember 4, 2019/ Décisions du cour de cassation, Droit français/ 0Kommentare

  QPC

Non-lieu à renvoi

Demandeur(s) : M. A… X…

Défendeur(s) : Mme B… Y…


Faits et procédure

1. L’enfant C… Z… est né le […] de Mme Y…. Par acte du 18 octobre 2016, celle-ci, agissant tant en son nom personnel qu’en qualité de représentante légale de son fils mineur, a assigné M. X… en recherche de paternité hors mariage.

Énoncé de la question prioritaire de constitutionnalité

2. A l’occasion du pourvoi qu’il a formé contre l’arrêt rendu le 19 mars 2019 par la cour d’appel de Colmar accueillant l’action formée par Mme Y…, M. X…, par mémoire distinct et motivé, a demandé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité ainsi rédigée : « L’article 327 du code civil instituant l’action en recherche judiciaire de paternité hors mariage, en ce qu’il empêche tout homme géniteur de se soustraire à l’établissement d’une filiation non désirée, est-il contraire aux principes d’égalité et de liberté constitutionnellement garantis ? ». Examen de la question prioritaire de constitutionnalité

3. La disposition contestée est applicable au litige.

4. Elle n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel.

5. Cependant, d’une part, la question posée, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle.

6. D’autre part, la question posée ne présente pas un caractère sérieux au regard du principe d’égalité entre les hommes et les femmes, dès lors, d’abord, que la maternité hors mariage est susceptible d’être judiciairement déclarée, comme la paternité hors mariage et dans les mêmes conditions procédurales, y compris en cas d’accouchement dans le secret, lequel ne constitue plus une fin de non-recevoir à l’action en recherche de maternité, ensuite, que ni la question elle-même ni le mémoire qui la soutient n’exposent pour quels motifs d’intérêt général une différence de traitement devrait être instaurée entre les enfants nés en mariage et ceux nés hors mariage pour priver ces derniers du droit d’établir leur filiation paternelle en cas de refus de leur père de les reconnaître.

7. Elle ne présente pas non plus un caractère sérieux au regard du principe de liberté dès lors que l’homme, qui a la possibilité de prendre des mesures de nature à éviter une procréation, ne peut se voir, de ce fait, imposer une paternité dont il n’aurait pas accepté l’éventualité.

8. En conséquence, il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Auroy
Avocat général : Mme Caron-Déglise
Avocat(s) : SCP Rocheteau et Uzan-Sarano – Me Brouchot

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