Arrêt n°1076 du 22 octobre 2020 (19-18.175) – Cour de cassation – Deuxième chambre civile-ECLI:FR:CCAS:2020:C201076

E-Law Admin/ November 16, 2020/ Décisions du cour de cassation, Droit français/ 0Kommentare

  Sécurité sociale, contentieux

Cassation partielle

Demandeur(s) : Hôpital privé La Casamance, société par actions simplifiée
Défendeur(s) : Caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône et autre(s)


Désistement partiel

1. Il est donné acte à la société Hôpital privé La Casamance (l’établissement de santé) du désistement de son pourvoi en ce qu’il est dirigé contre le ministre chargé de la sécurité sociale.

Faits et procédure

2. Selon l’arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 26 avril 2019), l’établissement de santé, après avoir saisi une juridiction de sécurité sociale de deux demandes de paiement dirigées contre la caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône (la caisse), sans les soumettre préalablement à la commission de recours amiable de la caisse, a saisi cette commission de ses deux demandes, puis saisi la même juridiction de sécurité sociale de deux recours formés contre les décisions implicites de rejet de la commission, puis d’un recours formé contre la décision explicite de rejet de celle-ci.

Examen des moyens

Sur le premier moyen, pris en sa première branche

Enoncé du moyen

3. L’établissement de santé fait grief à l’arrêt de déclarer irrecevables ses demandes en paiement, alors « que la saisine du tribunal des affaires de sécurité sociale à l’encontre d’une décision implicite ou explicite de rejet d’une décision de la commission de recours amiable de la caisse est recevable dès lors que le délai de forclusion pour saisir la commission, puis pour saisir le tribunal des affaires de sécurité sociale, n’était pas expiré ; que l’irrecevabilité d’un recours devant le tribunal des affaires de sécurité sociale pour défaut de saisine de la commission de recours amiable n’empêche dès lors pas le requérant d’introduire une nouvelle instance devant le tribunal après avoir saisi la commission de recours amiable de la caisse, en l’absence d’expiration du délai de forclusion ; qu’au cas présent, il est constant que l’hôpital privé La Casamance a saisi la commission de recours amiable de demandes en paiement des sommes de 60 169,44 euros et 45 879,99 euros le 10 novembre 2014 ; qu’en l’absence de décisions notifiées par la caisse, aucun délai de forclusion ne pouvait être opposé à l’Hôpital Privé La Casamance ; que dans ces conditions, les saisines du tribunal des affaires de sécurité sociale des décisions implicites de rejet de la commission de recours amiable, puis en contestation des décisions explicites de rejet de la commission, étaient recevables ; qu’en énonçant pourtant, pour déclarer l’Hôpital Privé La Casamance irrecevable en ses demandes, que « les recours 21500201 et 21500199 n’étant que les reprises des deux précédents, c’est à bon droit que la caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône se prévaut de l’irrecevabilité de deux demandes de l’hôpital privé La Casamance telles que présentées initialement directement devant le tribunal des affaires de sécurité sociale des Bouches-du-Rhône », la cour d’appel a statué par des motifs impropres à caractériser l’irrecevabilité des recours de l’hôpital privé la Casamance, alors même qu’elle avait constaté que l’établissement avait saisi la commission de recours amiable de la caisse de deux recours, sans qu’aucun délai de forclusion ne puisse lui être opposé, puis qu’elle avait saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale dans le délai qui lui était imparti pour contester ces décisions de rejet de la commission de recours amiable de la caisse ; qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les articles R. 142-1 et R. 142-18 du code de la sécurité sociale, dans leur rédaction applicable au litige. »

Réponse de la Cour

Vu les articles R. 142-1 et R. 142-18 du code de la sécurité sociale, le premier dans sa rédaction issue du décret n°2012-1032 du 7 septembre 2012, le second dans sa rédaction issue du décret n°96-786 du 10 septembre 1996, applicables au litige :

4. L’irrecevabilité, faute de saisine préalable de la commission de recours amiable, du recours formé directement devant la juridiction de sécurité sociale ne fait pas obstacle à l’exercice, après la saisine de la commission de recours amiable de l’organisme, d’un nouveau recours contentieux, sous réserve qu’il soit exercé avant l’expiration du délai de forclusion.

5. Pour déclarer les demandes en paiement de l’établissement de santé irrecevables, l’arrêt retient que celui-ci reconnaît dans ses écritures qu’il n’a jamais saisi la commission de recours amiable de ses recours originaux, que contrairement à ses prétentions, les saisines effectuées en 2014 et 2015 ne peuvent pas régulariser les défauts antérieurs tenant à l’absence de saisine préalable de la commission de recours amiable.

6. En statuant ainsi, alors qu’il résultait de ses constatations qu’après avoir saisi la juridiction de sécurité sociale sans avoir préalablement soumis ses demandes à la commission de recours amiable de la caisse, l’établissement de santé avait de nouveau saisi la juridiction de recours formés, dans le délai de forclusion de l’article R. 142-18 du code de la sécurité sociale, contre deux décisions implicites puis une décision explicite de rejet de la commission de recours amiable, de sorte qu’elle était saisie de nouveaux recours qui n’étaient pas entachés de l’irrégularité initiale, la cour d’appel a violé les textes susvisés.

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs du pourvoi, la Cour :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu’il déclare recevable l’appel formé par la caisse primaire centrale d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône, l’arrêt rendu le 26 avril 2019, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ;

Remet, sauf sur ce point, l’affaire et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée ;



Président : M. Pireyre
Rapporteur : Mme Vigneras, conseiller référendaire
Avocat général : M. de Monteynard
Avocat(s) : SCP Célice, Texidor, Périer – SCP Boutet et Hourdeaux

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